25 août 2026

Seneinfo

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En Turquie, le pouvoir s’apprĂªte Ă  resserrer son contrĂ´le sur internet. Une loi entrĂ©e en vigueur la semaine dernière permet notamment au gouvernement de censurer le contenu des mĂ©dias audiovisuels diffusĂ©s en ligne, mais aussi celui des plateformes de vidĂ©o Ă  la demande telles que le gĂ©ant Netflix.

Dans les grandes lignes, cette loi oblige les plateformes internationales de vidĂ©o Ă  la demande, mais aussi les chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision et les radios qui diffusent sur internet Ă  obtenir une licence et, lorsque cela n’est pas dĂ©jĂ  le cas, Ă  ouvrir des bureaux en Turquie. Cette licence, d’un coĂ»t de 17 000 dollars environ, sera dĂ©livrĂ©e par le Conseil supĂ©rieur de l’audiovisuel après un examen des contenus diffusĂ©s, et pourra Ăªtre suspendue ou rĂ©voquĂ©e si les autoritĂ©s estiment que certains contenus ne respectent pas la loi turque.

Le contrôle va également s’étendre aux médias indépendants turcs qui diffusent des contenus audiovisuels sur internet. Pour eux, c’est non seulement la fin de la gratuité de diffusion, mais surtout la fin de la liberté éditoriale dont ils jouissaient jusqu’ici.

Des justifications bancales

Elles mettent en avant « la protection de la sĂ©curitĂ© nationale et de l’ordre moral Â». L’effet le plus Ă©vident et le plus immĂ©diat de ces nouvelles mesures, c’est que les diffuseurs de sĂ©ries et de films sur internet vont devoir flouter les bouteilles d’alcool et les cigarettes sur l’écran, mais aussi censurer toutes sortes d’insultes, comme c’est le cas depuis des annĂ©es sur les Ă©crans de tĂ©lĂ©vision.

Mais ce n’est pas ce qui inquiète le plus les opposants. Selon eux, le vrai risque de censure concerne les mĂ©dias en ligne qui vont dĂ©sormais tomber sous le contrĂ´le direct du Conseil de l’audiovisuel, une instance qui est elle-mĂªme sous le contrĂ´le du pouvoir.

Les médias indépendants principalement visés

Ces dernières années, le président Recep Tayyip Erdogan a réussi à mettre la main sur la quasi-totalité des médias traditionnels, en particulier des chaînes de télévision, en s’arrangeant pour que des hommes d’affaires proches du pouvoir rachètent les grands médias les uns après les autres. Sur la plupart des chaînes, l’autocensure est devenue la règle.

En rĂ©action, toute une sĂ©rie de mĂ©dias audiovisuels en langue turque sont apparus sur internet â€“ qu’il s’agisse de mĂ©dias Ă©trangers telle que la chaĂ®ne allemande Deutsche Welle ou la Britannique BBC qui ont ouvert un service en turc ; de mĂ©dias turcs qui diffusent depuis la Turquie ; ou de mĂ©dias créés par des journalistes turcs en exil qui diffusent depuis l’étranger.

Jusqu’ici, le pouvoir avait très peu de contrĂ´le sur ces mĂ©dias en ligne. DĂ©sormais, ils seront logĂ©s Ă  la mĂªme enseigne que leurs concurrents traditionnels. Leurs dirigeants et journalistes craignent dâ€™Ăªtre soumis Ă  la censure du pouvoir. Et mĂªme, pour les plus critiques d’entre eux, dâ€™Ăªtre carrĂ©ment interdits de diffusion en Turquie.

Rfi