24 août 2026

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Corniche-Ouest : « Un maire qui refuse de collaborer avec l’État devient un danger public », tacle le DG de l’AGETIP

Le bras de fer autour de l’aménagement de la corniche-Ouest de Dakar prend une nouvelle tournure. Alors que la Ville de Dakar et l’AGETIP s’opposent sur l’occupation de certaines emprises destinées notamment à accueillir des équipements sportifs offerts par la Chine, le directeur général de l’AGETIP, Momar Ndiaye, hausse le ton et appelle au respect des compétences de l’État.

Pour le patron de l’AGETIP, le différend ne relève pas d’un simple problème de coordination administrative, mais d’abord d’une question juridique. Il rappelle que le Domaine public maritime (DPM) relève de la compétence de l’État. « Juridiquement, c’est l’État. Techniquement, c’est l’AGETIP en tant que maître d’ouvrage délégué », soutient-il.

Selon lui, la Ville de Dakar ne peut intervenir unilatéralement sur ces emprises. « La Ville peut faire des propositions, donner un avis. Mais elle ne peut pas décider unilatéralement et encore moins installer des équipements sans autorisation », affirme Momar Ndiaye.

Le DG de l’AGETIP s’appuie notamment sur la loi n°76-66 du 2 juillet 1976 relative au domaine de l’État. Il estime que la corniche-Ouest, en tant que dépendance du Domaine public maritime, échappe au domaine propre des collectivités territoriales.

‎« Choisir la confrontation au lieu du dialogue »

‎Face à la polémique, Momar Ndiaye assure qu’une réunion réunissant les différents acteurs a déjà été organisée afin de rechercher une issue au différend. Il affirme que l’AGETIP a proposé des sites alternatifs pour accueillir le don du gouvernement chinois, sans remettre en cause le projet dénommé « le Dragon ».

Pour lui, l’installation d’équipements sur une emprise non prévue reviendrait à privilégier la confrontation plutôt que la concertation. « Choisir d’installer sur une emprise non prévue, c’est faire le choix de la confrontation au lieu du dialogue », déclare-t-il.

Le responsable estime que cette confrontation pourrait avoir des conséquences sur plusieurs enjeux, notamment la réalisation des infrastructures prévues sur la corniche et la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar-2026. « Un maire qui refuse de collaborer avec l’État sur un projet d’intérêt national devient un danger public », lance Momar Ndiaye, qui considère qu’un tel blocage pourrait mettre en péril des investissements annoncés à hauteur de 18,4 milliards F CFA.

« Qualifier l’intervention de l’AGETIP de banditisme est inacceptable »

‎Le DG de l’AGETIP réagit également aux propos qualifiant l’intervention de son agence de « banditisme ». Une qualification qu’il juge « inacceptable » et qu’il considère comme une « faute institutionnelle grave ». Momar Ndiaye estime que l’AGETIP agit dans le cadre d’une mission confiée par l’État et d’un projet déclaré d’utilité publique. À ses yeux, assimiler cette intervention à du « banditisme » revient à remettre en cause l’autorité de l’État et ses instruments d’exécution.

Tout en défendant fermement la position de l’AGETIP, il appelle toutefois à l’apaisement. Il plaide pour la mise en place d’un mécanisme permanent de concertation associant l’État, l’AGETIP et les collectivités territoriales, sous l’égide du ministère de l’Urbanisme.

‎Préserver le don chinois et l’intérêt général

‎Dans ce bras de fer, Momar Ndiaye assure que l’objectif ne doit pas être de gagner une bataille politique, mais de préserver l’intérêt général. Il estime qu’un compromis reste possible : maintenir les équipements sportifs offerts par la Chine, permettre la poursuite du projet de l’AGETIP et garantir que la corniche reste un espace public accessible à tous.

« Seul l’amour de la République et le respect de nos institutions doivent nous guider », insiste-t-il, appelant les différents protagonistes à dépasser « la politique politicivalorisé ».

Avec une échéance fixée au 30 septembre et les JOJ-2026 en ligne de mire, le DG de l’AGETIP estime que l’urgence impose désormais responsabilité, dialogue et respect du cadre légal. Pour lui, l’enjeu dépasse le simple différend entre institutions : il s’agit de préserver les investissements publics et de livrer aux Dakarois une corniche-Ouest réhabilitée, sécurisée et valorisée.

Yandé DIOP.