20 septembre 2026

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Washington exclut la Turquie du programme d’avions de chasse F-35

Les États-Unis sont passĂ©s aux actes pour condamner l’achat par la Turquie des systèmes de dĂ©fense antiaĂ©rienne russes S-400. La participation d’Ankara au programme de dĂ©veloppement de l’avion de combat amĂ©ricain F-35 a Ă©tĂ© suspendue, a annoncĂ© la Maison Blanche mercredi 17 juillet.

Avec notre correspondante Ă  Istanbul, Anne Andlauer

La participation de la Turquie au programme de dĂ©veloppement de l’avion de combat amĂ©ricain F-35 a Ă©tĂ© suspendue et le processus d’exclusion a dĂ©butĂ©, ont fait savoir mercredi 17 juillet les États-Unis, qui menaçaient de le faire depuis qu’Ankara a dĂ©cidĂ© de se doter du système de dĂ©fense antimissile russe S-400.

« Le F-35 ne peut pas coexister avec une plateforme de collecte de renseignements russe qui sera utilisĂ©e pour en apprendre davantage sur ses capacitĂ©s de pointe Â», avait auparavant soulignĂ© la Maison Blanche dans un communiquĂ©.

Une dĂ©cision « injuste Â», selon Ankara

Si cette décision était attendue, elle constitue un coup dur pour la Turquie qui comptait acquérir une centaine d’exemplaires d’avions furtifs F-35, qu’elle contribuait à fabriquer sur son sol.

Le ministère des Affaires Ă©trangères turc a dĂ©noncĂ© une dĂ©cision « injuste Â», « unilatĂ©rale Â», qui « ne respecte pas l’esprit de l’alliance Â» atlantique.

Ankara invite Washington Ă  « rĂ©parer cette erreur qui prĂ©parera la voie Ă  des dommages irrĂ©parables dans nos relations stratĂ©giques. Â»

Pertes financières

Cette exclusion devrait entraĂ®ner l’expulsion des pilotes turcs s’entraĂ®nant actuellement aux États-Unis sur le F-35 et l’annulation de la livraison des quatre appareils dĂ©jĂ  achetĂ©s par la Turquie. Les contrats de sous-traitance attribuĂ©s Ă  des entreprises turques risquent Ă©galement d’être annulĂ©s. Pour elles, cela signifie des pertes d’emplois et d’importants revenus.

Ankara avait déjà investi plus d’un milliard de dollars dans ce programme. Selon des estimations, sa participation aurait pu lui en rapporter neuf fois plus. Début juillet, le président Recep Tayyip Erdogan avait estimé qu’une telle exclusion équivaudrait à du « vol ». Il avait promis de se tourner vers un tribunal international d’arbitrage.

rfi