Les oreilles du public ont sûrement sifflé. À la barre du tribunal de Diourbel, ce mercredi, cinq jeunes prévenus se sont livrés à des aveux détonants au sujet des faits pour lesquels ils étaient jugés. Il s’agit de F. Thiam et Nd. Y. Sylla, les deux filles de la bande, et de F. Diouf, A. K. Fall et M. T. Diop.
Les deux premières étaient poursuivies pour défaut de carnet de santé, et détention et usage de drogue. Le trio de jeunes hommes, lui, répondait pour proxénétisme, complicité de ce chef, et détention et usage de drogue.
F. Thiam était la première à prendre la parole. L’affaire a éclaté en juillet dernier après que son père, M. Thiam, un émigré basé en Italie, a constaté lors d’un séjour au Sénégal, que sa fille avait un comportement intrigant. Elle s’absentait régulièrement du domicile familial sans fournir d’explications à ses parents. La goutte de trop : une fois, elle découche trois nuits de suite, affirmant avoir dormi durant ce laps de temps chez une copine.
Soupçonnant son enfant de tremper dans des activités illicites, M. Thiam la conduit au commissariat central de Diourbel. Lors de son audition, F. Thiam confesse être consommatrice d’ecstasy et désigne sa copine Nd. Y. Sylla comme étant sa fournisseuse.
D’après le récit de L’Observateur, qui a assisté au procès, cette dernière sera ainsi arrêtée et contrainte de passer à table. «Pendant leur interrogatoire, déroule le journal, les téléphones des deux jeunes filles n’arrêtent pas de sonner. Les enquêteurs découvrent alors que F. Thiam et Nd. Y. Sylla sont des membres actives d’une bande de jeunes qui s’adonnent à la prostitution, au proxénétisme et à l’usage de drogue.»
En retraçant les appels sortants et entrants des mises en cause, les enquêteurs remontent à F. Diouf, A. K. Fall et M. T. Diop, qui seront arrêtés, déférés au parquet et inculpés.
Les cinq suspects, qui avaient obtenu la liberté provisoire, ont donc comparu libres. Face au juge, F. Thiam a partiellement admis les faits non sans s’autoriser des circonstances atténuantes. «C’est à cause de mon père que je suis ici aujourd’hui, a-t-elle défendu. Dans ce qui m’est reproché, seule une infime partie est vraie. Je n’ai jamais vendu de la drogue. Il est vrai que je me prostitue. Mais c’est pour satisfaire certains besoins matériels parce que mon père m’avait coupé les vivres. Aussi, j’ai pris de la drogue avec mes amis, mais je n’en ai jamais vendu.»
Poussant plus loin, d’après le compte-rendu de L’Observateur, F. Thiam a précisé que ses clients payaient la passe entre 10 000 et 15 000 francs CFA, «sans obligation de porter un préservatif». La jeune femme s’empressera de signaler qu’elle a arrêté de se prostituer.
Nd. Y. Sylla, contrairement à sa coprévenue, a nié se livrer à la prostitution. «Je ne suis pas une pute et je n’ai jamais été proxénète, a-t-elle fermement rejeté. Mais je ne vais pas mentir devant cette barre en déclarant que je ne me drogue pas. Avec mes amis ici présents, je prenais de l’ecstasy. Avec tout ce que j’ai vécu, tout cela est fini pour moi.»
Vient le tour de F. Diouf. Lui, remarque L’Observateur, surprend aussi par ses aveux : «Je n’ai rien à voir avec la prostitution, encore moins avec le proxénétisme. Mais il est vrai que c’est moi qui ramenais l’ecstasy de Dakar pour notre consommation. Un ami m’en fournissait gracieusement. Je n’étais pas conscient de la gravité de ce que je faisais.»
«Enfin, A. K. Fall jure n’avoir participé qu’une fois aux séances de consommation de drogue tandis que M. T. Diop soutient n’avoir fait que transporter les deux jeunes filles sans se douter de leurs activités», rapporte L’Observateur.
Le quotidien du Groupe futurs médias informe que M. T. Diop sera «purement et simplement relaxé», tandis que les autres ont été condamnés à un mois ferme. F. Thiam, qui doit en plus s’acquitter d’une amende de 25 000 francs CFA, est reconnue coupable de défaut de carnet sanitaire, détention et usage de drogue; Nd. Y. Sylla, F. Diouf et A. K. Fall, de détention et usage de drogue.
Senewebnews-RP.

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