23 octobre 2026

Seneinfo

Restez toujours informé

Pourquoi la Banque centrale européenne est prise entre deux feux

Au moment où réapparaissent des risques de ralentissement de l’économie européenne, une fois encore tous les espoirs de rémission reposent au siège de la banque centrale européenne à Francfort, où a lieu ce matin un conseil des gouverneurs très attendu par les marchés.

Cela fait des semaines que les investisseurs, les banquiers spĂ©culent sur ce qui va sortir de cette rĂ©union. Certains attendent un nouveau message magique de Mario Draghi. L’Italien qui arrive au terme de son mandat va-t-il trouver une nouvelle formule pour soutenir la croissance avec des mĂ©canismes de plus en plus complexes, car avec des taux au niveau plancher, la BCE n’a plus guère de marge de manĹ“uvre ? D’autres sont persuadĂ©s que la sagesse impose de reporter toute dĂ©cision Ă  septembre. Agir prĂ©cipitamment serait reconnaitre que cela va mal. Pas très bon pour le moral des affaires. Et surtout, disent les prudents, la BCE a intĂ©rĂŞt Ă  se prononcer après la Fed.

La banque centrale des États-Unis se réunit la semaine prochaine, pour annoncer une baisse de ses taux

Cette décision on en parle depuis des mois. Ce serait une première depuis dix ans. Très controversée parce que le baromètre est au beau fixe aux États-Unis. C’est même le seul pays où l’économie se porte bien. Jamais les États-Unis n’ont connu une aussi longue période d’expansion économique. Mais il y a les tensions commerciales qui menacent ce bel équilibre et les tensions monétaires qu’attise maintenant Donald Trump.

Il n’arrête pas de faire pression sur la Fed pour qu’elle abaisse fortement son taux directeur, ce qui fera immédiatement baisser le dollar. Par ricochet, les autres monnaies, dont l’euro, en seront renforcées. Voilà ce que redoute la BCE. Si l’euro remonte trop vite, c’est mauvais pour les exportations européennes. Annoncer aujourd’hui un soutien à l’économie, c’est prendre le risque de voir ces mesures réduites à zéro par la décision de la Fed.

La BCE cherche-t-elle Ă  faire baisser l’euro comme Donald Trump l’en a accusĂ© ?

Manipuler le cours de la monnaie n’est pas dans son mandat ni dans celui de la Fed ou d’une autre banque centrale. Le rĂ´le des grands argentiers est plutĂ´t de prĂ©server la stabilitĂ© des changes. Mais Ă©tant donnĂ© qu’ils mènent tous en ce moment des politiques accommodantes pour soutenir l’économie, ils contribuent de fait Ă  l’affaiblissement de leur monnaie. Si le billet vert est aujourd’hui la devise la plus forte sur le marchĂ© des changes, cela reflète aussi la bonne santĂ© de l’économie amĂ©ricaine. De quoi Ă©nerver un peu plus un Donald Trump, persuadĂ© que le monde entier est liguĂ© contre le billet vert. D’après lui, un taux de change plus avantageux suffit Ă  rĂ©tablir positivement la balance commerciale des États-Unis. Une idĂ©e fausse selon les Ă©conomistes. Cela ne changerait pas durablement la structure de la balance amĂ©ricaine.

En fait, toutes les zones monétaires caressent cette tentation d’une monnaie faible, mais un seul pays a vraiment les moyens de mener une guerre des monnaies. Et ce sont les États-Unis. Sans même passer par le canal de la Fed. Si le Trésor venait à vendre massivement du dollar, la guerre des monnaies serait bel et bien déclarée. Une perspective lointaine, mais quand même un nouveau foyer de tension qui couve. De quoi compliquer un peu plus l’action des banquiers centraux en général, et de Mario Draghi en particulier.

En bref

Le FMI a annoncé hier le déblocage d’une dernière tranche de prêt pour l’Égypte

Deux milliards de dollars sur un total de 12 milliards prêtés depuis 2016. Le fonds a décerné hier un satisfecit à l’équipe du président Sissi, estimant que le pays a atteint ses principaux objectifs de réforme et de maitrise de la dette publique.

Tesla le constructeur amĂ©ricain de voiture 100 % Ă©lectrique accuse de nouvelles pertes au deuxième trimestre

Plus de 400 millions de dollars de perte. La saignée continue pour l’entreprise visionnaire créée par Elon Musk. Son action a perdu 10 % dans la foulée dans les échanges électroniques. Malgré son modèle disruptif, le constructeur n’échappe pas à la crise globale de l’automobile. On attend ce matin les mauvais résultats du Nippon Nissan. Des rumeurs évoquent la suppression de 10 000 emplois.

rfi