24 août 2026

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Idrissa Seck et les lambris dorés du pouvoir (Par Mamadou Ibra Kane)

Idrissa Seck revient aux affaires ! L’homme politique, dĂ©sormais bien installĂ© dans la « station » de PrĂ©sident du Conseil Ă©conomique, social et environnemental, est, par excellence, un sujet de controverse. GĂ©nie politique pour certains.Malicieux pour d’autres. « NĂ© pour Ăªtre PrĂ©sident » comme il se serait dĂ©fini, quand bien mĂªme il a ratĂ© la plus haute marche par trois fois, le PrĂ©sident de « REWMI » (Le Pays en wolof) est, Ă  lui tout seul, objet de thèses et d’antithèses. Saura-t-il faire la bonne synthèse ?

Ă€ 61 ans, il n’est ni vieux ni jeune. C’est plutĂ´t, pour lui, le bon moment pour montrer qu’il s’est bonifiĂ© avec l’Ă¢ge. En 2024, date de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle, il aura 65 ans, s’il plait Ă  Dieu. Parions qu’il ne prendra pas… sa retraite. Pas avant, en toute vraisemblance, une quatrième tentative pour rĂ©aliser son rĂªve de prĂ©sident de la RĂ©publique ! La dernière ? La bonne ?

Pour l’instant, l’ancien Premier ministre retrouve les lambris du pouvoir. Il y a 20 ans, jusqu’Ă  sa disgrĂ¢ce intervenue en 2004, il en connaissait tous les secrets. Il en Ă©tait mĂªme le dĂ©positaire tout dĂ©signĂ©. Avec en prime, la lĂ©gitimitĂ© populaire d’un homme politique surnommĂ© le pape du Sopi. En effet, la fameuse « Marche bleue » dont lui, Idy pour les intimes, en Ă©tait le thĂ©oricien, s’Ă©tait terminĂ©e au Palais prĂ©sidentiel. Mais, force est de reconnaĂ®tre que le SĂ©nĂ©gal de 2000 n’est pas celui de 2020.

En 2000, le prĂ©sident de la RĂ©publique s’appelait Abdoulaye Wade. En 2020, il se nomme Macky Sall. Un changement politique majeur depuis que l’Ă©lève a vaincu le maĂ®tre. Adepte des grands espaces, tout se jouera pour l’ancien tout-puissant ministre d’État de Me Wade dans la marge de manÅ“uvre qu’il aura auprès du prĂ©sident Macky Sall Ă©galement très averti de la chose politique. Avec leur « complicité » retrouvĂ©e, la collaboration devrait Ăªtre lisse entre les deux anciens (ou toujours ?) rivaux.

L’exĂ©cution de l’hymne national au dĂ©but de la cĂ©rĂ©monie et l’invitation faite Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs pour assister Ă  son installation, sont des signes avant-coureurs, on le suppose, de la volontĂ© du nouveau prĂ©sident du Conseil Ă©conomique d’inscrire son « mandat » dans le temps de la RĂ©publique. De ce point de vue, la prĂ©sence remarquable et remarquĂ©e, Ă  ses cĂ´tĂ©s, de sa « sÅ“ur libĂ©rale », Aminata Tall, en constitue la preuve. Inversement, l’absence tout aussi visible de Mme Aminata TourĂ©, prĂ©cĂ©demment prĂ©sidente de l’Institution consultative, est sans doute la fausse note d’une cĂ©rĂ©monie toute rĂ©publicaine. Honneur a Ă©tĂ© rendu aux PrĂ©sidents honoraires. Et c’est peut-Ăªtre lĂ  l’essentiel.

Idrissa Seck, revenu aux affaires depuis le 1 novembre 2020, est-il « le meilleur Idrissa Seck » ? Ou encore « le meilleur des Idrissa Seck » ? L’avenir nous le dira. L’homme a beaucoup endurĂ©. « D’une belle endurance », pour reprendre ses propres mots. Parfois de par son propre fait. Et quelquefois, « la faute aux autres ». D’abord il y a eu pour lui, les annĂ©es de conquĂªte du pouvoir. Ensuite la pĂ©riode d’exercice du pouvoir.

Les vaches maigres, puis les vaches grasses. Il y a eu aussi son limogeage brutal de la Primature. Il y a eu surtout « l’affaire des chantiers de Thiès » suivie de son bruyant acte d’accusation devant le monde entier. Et durant les mois de bagne, il y a eu le « protocole de Rebeuss ». Mais il y eu Ă©galement le non-lieu prononcĂ© par la Chambre d’accusation de la Haute Cour de justice. En rĂ©sumĂ©, des Ă©pisodes heureux et douloureux d’un long feuilleton.

Que va-t-il faire maintenant de sa prĂ©sidence Ă  l’avenue Pasteur ? L’avenue LĂ©opold SĂ©dar Senghor, siège de la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, est si près-si loin. Saura-t-il transformer ses Ă©checs en succès ? Des Ă©checs, il en a eu ! Avoir « une mention honorable sur les langues de la postĂ©rité ». Telle est son ambition maintes fois rĂ©pĂ©tĂ©e. Apprendre de ses erreurs. Un grand dĂ©fi pour Idrissa Seck.

igfm