12 septembre 2026

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Avant de partir, Trump fait une liste de grĂ¢ces prĂ©sidentielles pour ses amis

Les petites faveurs d’un prĂ©sident sur le dĂ©part.

Ă€ partir du 20 janvier 2021, Donald Trump cessera d’Ăªtre le prĂ©sident de la première puissance mondiale, et devra laisser les rĂªnes Ă  son successeur Joe Biden. Cela lui laisse encore neuf jours pleins, et il a dĂ©cidĂ© de les rentabiliser au mieux: Trump espère pouvoir annoncer le 19 janvier la grĂ¢ce de plusieurs personnalitĂ©s dont il a Ă©tabli la liste, liste qui est actuellement examinĂ©e par ses conseillers principaux et le bureau du conseiller juridique de la Maison Blanche, comme le rapporte Bloomberg. Parmi les noms proposĂ©s, on retrouve des hauts fonctionnaires de la Maison Blanche, des membres de la famille Trump, des rappeurs connus et, selon des sources proches de son cabinet, peut-Ăªtre Donald Trump lui-mĂªme.

Des grĂ¢ces prĂ©ventives…

C’est notamment tout un lot de grĂ¢ces prĂ©ventives qui est actuellement sur la table des discussions. Elles concernent des hauts fonctionnaires de la Maison Blanche, qui n’ont pas Ă©tĂ© accusĂ©s de crimes, comme le chef de cabinet Mark Meadows, nommĂ© en mars dernier, le haut conseiller du prĂ©sident Stephen Miller, un soutien de la première heure, le chef du personnel John McEntee et le directeur des rĂ©seaux sociaux Dan Scavino. L’avocat personnel de Trump, Rudy Giuliani, qui a Ă©tĂ© l’un de ses principaux soutiens après sa dĂ©faite Ă©lectorale, ferait Ă©galement l’objet de discussions.

Rudy Giuliani, harangue la foule des supporters pro-Trump, près de la Maison Blanche, le 6 janvier 2021, Ă  Washington, DC. Quelques heures plus tard, le Capitole est pris d’assaut

CĂ´tĂ© familial, on retrouverait la fille et le gendre du prĂ©sident, Ivanka Trump et Jared Kushner, ainsi que Kimberly Guilfoyle, ancienne animatrice d’une Ă©mission de Fox News, en couple avec Donald Trump Jr.

Ces grĂ¢ces prĂ©ventives, si elles sont accordĂ©es, devraient protĂ©ger les personnes bĂ©nĂ©ficiaires de toute poursuite intentĂ©e pour un crime fĂ©dĂ©ral qui aurait Ă©tĂ© commis avant l’octroi de la grĂ¢ce prĂ©sidentielle. Bien que la pratique de la grĂ¢ce prĂ©ventive soit rare, elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ©e par le trente-huitième prĂ©sident des États-Unis Gerald Ford, afin de prĂ©server son prĂ©dĂ©cesseur Richard Nixon, qui avait dĂ©missionnĂ© un mois plus tĂ´t Ă  la suite du scandale du Watergate.

Et des grĂ¢ces pour infractions reconnues

Quant aux personnes dĂ©jĂ  condamnĂ©es pour diverses infractions pĂ©nales, elles pourraient bĂ©nĂ©ficier de la grĂ¢ce prĂ©sidentielle traditionnelle. Les candidats prĂ©sumĂ©s seraient l’avocat Albert Pirro, reconnu coupable de fraude fiscale, et qui avait travaillĂ© avec Donald Trump sur des transactions immobilières, mais aussi quelques rappeurs, comme Lil Wayne, qui avait apportĂ© son soutien au prĂ©sident lors de la campagne Ă©lectorale, et Kodak Black, actuellement en prison pour falsification de documents en vue d’obtenir une arme Ă  feu.

Des personnalitĂ©s comme le rappeur Lil Yachty et le quarterback Lamar Jackson ont rĂ©cemment interpellĂ© publiquement Donald Trump afin qu’il consente Ă  gracier Kodak Black, qui avait promis sur Twitter de reverser un million de dollars Ă  une Å“uvre de charitĂ© s’il sortait de prison… Avant de supprimer son message.

Mais ces grĂ¢ces, en particulier celles qui concernent les membres de la Maison Blanche, pourraient provoquer de nouvelles allĂ©gations d’obstruction Ă  la justice. Surtout, l’Ă©ventualitĂ© d’une grĂ¢ce que Donald Trump s’accorderait Ă  lui-mĂªme semble difficile Ă  obtenir.

Donald Trump, touchĂ© par la grĂ¢ce?

Une telle action, qu’elle soit ou non couronnĂ©e de succès, serait une première dans l’histoire de la prĂ©sidence des États-Unis. Cela permettrait Ă  Trump de se protĂ©ger de toute poursuite judiciaire qui serait susceptible d’Ăªtre engagĂ©e par ses adversaires politiques Ă  la fin de son mandat.

Et les motifs ne manquent pas: parmi eux, la question de la campagne d’ingĂ©rence menĂ©e par la Russie lors de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2016, les dĂ©clarations d’impĂ´ts sur le revenu aux sommes dĂ©risoires prĂ©sentĂ©es par Donald Trump, ou plus rĂ©cemment, l’assaut du Capitole, encouragĂ© par le prĂ©sident lui-mĂªme, Ă  la suite de lourdes pressions exercĂ©es pour tenter d’annuler les votes des Ă©lections.

En juin 2018, sur son compte Twitter dĂ©sormais suspendu, Trump arguait pourtant: «J’ai le droit absolu de me GRACIER moi-mĂªme, mais pourquoi ferais-je cela alors que je n’ai rien fait de mal?»

Mais peut-il vraiment le faire? L’article II de la Constitution dispose qu’un prĂ©sident a «le pouvoir d’accorder des sursis et des grĂ¢ces pour crimes contre les États-Unis, sauf dans les cas d’impeachment». Si certain·es juristes considèrent que ce pouvoir est absolu, un avis juridique du ministère de la Justice datant de 1974 mentionnait pourtant que «le prĂ©sident ne peut pas se gracier lui-mĂªme», en raison de ce qui est prĂ©sentĂ© comme une «règle fondamentale selon laquelle personne ne peut Ăªtre juge de son propre cas».

Si le texte de la Constitution n’interdit pas nommĂ©ment une «auto-grĂ¢ce», d’après Brian Kalt, professeur Ă  la facultĂ© de droit de l’universitĂ© du Michigan, «l’argument contre l’auto-grĂ¢ce commence par l’idĂ©e que l’octroi d’une grĂ¢ce est, par dĂ©finition, quelque chose que l’on ne peut accorder qu’Ă  une autre personne».

Toujours est-il que dans la mesure oĂ¹ la grĂ¢ce prĂ©sidentielle ne s’applique qu’Ă  des crimes fĂ©dĂ©raux, d’autres types de poursuite pourraient Ăªtre engagĂ©s contre Donald Trump, sa famille et ses protĂ©gĂ©s.

Dans les semaines qui ont suivi les rĂ©sultats de l’Ă©lection prĂ©sidentielle et sa dĂ©faite, Trump avait dĂ©jĂ  accordĂ© plusieurs grĂ¢ces Ă  ses alliĂ©s, parmi lesquels Paul Manafort, son ancien prĂ©sident de campagne, condamnĂ© pour crimes financiers et activitĂ©s de lobbying illĂ©gal, et le promoteur immobilier Charles Kushner, le père de son gendre, reconnu coupable de fausses dĂ©clarations d’impĂ´ts et de reprĂ©sailles sur tĂ©moins.